Programme des sorties de janvier/février 2015

Sex and the TV, d’Octavie Delvaux
     Sex and the TV

Deux ans après Sex and the kitchen (14000 exemplaires vendus), Octavie Delvaux revient enfin avec sa suite très attendue : Sex and the TV. On y retrouve Charlotte, toujours auteure de best-sellers culinaires, mais désormais aussi chroniqueuse dans une émission de télé quotidienne. Et les coulisses de la télévision, où règnent jalousie et luttes de pouvoir, lui réservent bien des surprises…  Tentations, fantasmes, sextapes et trahisons sont au programme de cet opus à l’érotisme torride et à l’humour toujours aussi décoiffant.
Sortie le 15 janvier 2015


111 défis érotiques, de Marc Dannam

111 défis

Ces 111 défis érotiques ont été imaginés par l’intarissable Marc Dannam, directeur de la collection “Osez”, auteur de nombreux guides et notamment de 669 gages érotiques, 1001 secrets érotiques ou 102 scénarios érotiques. Dans ce nouveau livre, il recense la quasi-totalité des activités et des situations sexuelles qu’il est possible de vivre en ce bas monde au cours d’une vie et vous pose la question : saurez-vous relevez le défi ?
Sortie le 15 janvier 2015


 Osez 20 histoires de coups de foudre sexuels, collectif

Osez 20 histoires coups de foudre

On associe toujours le coup de foudre à l’amour, mais on oublie qu’il est souvent sexuel. Que se passe-t-il quand Cupidon rate la cible du coeur pour planter sa flèche sous la ceinture? Vous le saurez en lisant ces 20 histoires de coups de foudre sexuels. De rencontres passionnelles en étreintes torrides, vous découvrirez dans le 25ème volume de la collection Osez 20 histoires le désir dans ses formes les plus brutes, le désir qui nous attire vers l’autre comme un aimant et nous entraîne dans un tourbillon incontrôlable où les limites entre amour et sexe n’existent plus… Ames sensibles bienvenues !
Sortie le 15 janvier 2015


 Œuvres érotiques complètes, d’Apollinaire

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Vous avez raté la version grand format parue en 2013 ? La sortie en poche des Œuvres érotiques complètes d’Apollinaire vous offrira une chance de rattrapage de découvrir Les Onze Mille Verges, Les Exploits d’un jeune Don Juan et Poésies. Soit  l’intégralité des textes érotiques de Guillaume Apollinaire, ce précurseur de toutes les avant-gardes, augmentés d’analyses permettant de rendre accessible et de clarifier cette œuvre licencieuse, reconnue comme la plus marquante du xxe siècle.
Sortie le 15 janvier 2015


 Osez une nuit d’amour parfaite, de Marc Dannam

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Une nuit toute entière passée à faire l’amour ! Pour beaucoup d’entre nous, c’est un rêve, un fantasme un peu fou, qui n’existe que dans les films ou dans les livres… Mais dans ce nouveau guide, Marc Dannam vous donnera toutes les clés pour le réaliser enfin. Truffé de conseils pratiques et de suggestions coquines, il vous aidera à bâtir, étape par étape, le scénario idéal pour votre nuit d’amour.
Sortie le 19 février 2015


 Révolutions sexuelles, d’Alain Giami et Gert Hekma

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Les textes compilés dans ce nouveau livre de la collection L’Attrape-corps reviennent sur les révolutions sexuelles des années 1960-1980 et les changements qu’elles ont occasionné dans le monde dit occidental (Europe, Union soviétique et États-Unis). Droit à l’avortement, contraception, pornographie, pédophilie, droit à disposer de son propre corps… Ces textes remettent en perspective les positions actuelles des féministes, des radicaux et des progressistes, des artistes, des intellectuels et des leaders religieux. De façon globale, ils ouvrent à la discussion et permettent de mieux comprendre les enjeux actuels dans le domaine des sexualités et du genre.
Sortie le 19 février 2015


 Camille, de Léo Barthe

Camille_couvAux confins d’une province reculée, Gérard grandit sous l’autorité ombrageuse d’un oncle aigri en ignorant tout des affres de l’amour. Lorsque accidentellement surgit Camille, charmant adolescent qui l’entraînera dans une instruction libertine fiévreuse et périlleuse… Pour développer sans tabou ce grand roman d’amour initiatique et romantique, Léo Barthe (auteur respecté des Jardins statuaires, paru aux éditions Attila en 2010) enchâsse dans une langue subtile et raffinée les termes les plus crus du vocabulaire charnel, confirmant une fois de plus ses immenses talents de conteur habité des “choses” du corps… et du cœur.
Sortie le 19 février 2015

Vous êtes journaliste, bloggeur/euses et souhaitez plus d’informations ou chroniquer un de ces livres? Contactez Stéphane.

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Soirée « S’occuper en t’attendant », les photos !

028970-352x500Le mercredi 19 novembre dernier, les apéros littéraires érotiques organisés par Les Plaisirs de Cerise accueillaient en invitée d’honneur Marion Favry, auteure à la Musardine du roman S’occuper en t’attendant. Comme à l’accoutumée, Daniel Nguyen, envoyé spécial de la Musardine dans les soirées parisiennes, était sur place avec son gros engin (nous parlons bien sûr de son appareil photo) pour couvrir l’évènement.
Voici donc quelques souvenirs de la soirée. Merci à lui, merci à Marion pour sa participation enthousiaste, et merci à Flore pour l’invitation et sa belle énergie !

 

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Quels sont les 10 mots clés les plus tapés sur le site de la Musardine?

Une approche intéressante pour mieux cerner vos goûts est de s’intéresser aux mots-clés que vous tapez sur le site de la Musardine. Et puisqu’on s’est dit que ça pourrait vous intéresser aussi, en voici le top 10.

1. Dynamite
C’est le nom du label BD porno de la Musardine. On y trouve des BD 100% cul, souvent très crues, signées Ardem, Bruce Morgan, Roberto Baldazzini, Giovanna Casotto, Erich von Götha, Parris Quinn et autres auteurs qui font la joie des onanistes. Vous ne jurez que par les vidéos X? Essayez les BD du label Dynamite, vous risquez d’être heureusement surpris.

2. Osez
On ne présente plus la collection Osez. Fondée et dirigée par Marc Dannam, elle décline de nombreux guides sexo sur de nombreux sujets, de la fellation au sexe tantrique en passant par le libertinage ou le Kama Sutra. Son but: défendre une approche à la fois pédagogique, ludique et décomplexée de la sexualité.

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3. Sabine Fournier
Moins connue du grand public, le label Sabine Fournier, une subdivision de la Musardine, se consacre exclusivement aux romans porno extrêmes, le plus souvent SM, et toujours très cul et très pervers. En vente uniquement à la librairie La Musardine (122 rue du Chemin Vert à Paris) ou sur lamusardine.com. Avis aux amateurs!

41wiCnpH+JL._AA278_PIkin4,BottomRight,-53,22_AA300_SH20_OU08_4. Esparbec
Avec plusieurs dizaines de roman à son actif, Esparbec est une légende vivante de la littérature pornographique, apprécié des hommes comme des femmes pour son style inimitable: cru, direct, haut en couleurs et pourtant très élégant et hautement littéraire. Son best-seller: La Pharmacienne. Mais ici, on les aime tous.

5. Media 1000
Media 1000 est un autre label de la Musardine, consacré aux romans porno de gare, sans autre prétention que celle de donner des idées aux nombreux lecteurs qui ne la lisent que d’une main. Ce n’est certes pas de la grande littérature… Mais quand vous téléchargez un film de boules, est-ce vraiment pour le cinéma?

6. La Musardine
Et oui, sur la librairie en ligne de la Musardine, on vent aussi des livres… de la Musardine! Des romans contemporains (dont ceux d’Octavie Delvaux), des classiques érotiques, des recueils de nouvelles, des essais, des documents, des sommes, des beaux livres… Tout ce qui concerne la sexualité, les fantasmes et les corps en émois nous intéresse. A découvrir en chinant sur lamusardine.com ou en venant nous voir à la librairie?

petite-vicieuse-ardem-bd 7. Ardem
Ardem est un des auteurs emblématiques du label Dynamite, présenté en tête de ce top 10. Cru, direct, porno, viril, politiquement incorrect et bigrement efficace de l’avis de ses nombreux fans.

8. Aslan
Aslan est principalement connu pour les pin-up qu’il dessinait dans les années 80 dans le magazine Lui. Un véritable mythe, auquel La Musardine a rendu hommage en rééditant ses pin-up dans une série de somptueux livres d’illustrations, très prisés des collectionneurs.

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9 Parris Quinn
A l’instar d’Ardem, Quinn est un auteur de BD du label Dynamite. Sa série Ombre et lumière, d’une élégance rare, fait le bonheur des obsédés esthètes (l’un n’empêchant pas forcément l’autre). Jugez par vous même :C00287_web510. Eric von Götha
Et pour clore ce top 10, un autre grand nom du label Dynamite: Eric von Götha, auteur prolixe de la série Les malheurs de Janice, de la saga Twenty et de nombreux autres titres, dont Les Curiosités perverses de Sophie, son dernier en date.

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Découvrez « S’occuper en t’attendant », le premier roman de Marion Favry

028970-352x500Pour oublier son amant, homme marié, mais lâche – pour « s’occuper en attendant » –, Marion Favry explore un registre infini de plaisirs charnels en compagnie d’hommes de substitution. Aucune pratique n’échappe à sa soif d’abandon : boîtes, saunas, clubs, couples échangistes, toujours avec ce regard scrutateur d’une narratrice qui observe les réactions de ses compagnons de chair et tente d’analyser les siennes, nullement dupe du fait que peut-être tout ceci est vain. Mais que c’est, après tout, une option comme une autre pour gagner l’oubli et la liberté d’être…

S’occuper en t’attendant est un récit très « brut » de la part d’une femme, contrebalancé par des harangues à l’amant qui parlent d’amour perdu et de sentiments écornés… Une juxtaposition parfaitement réussie.

Marion Favry, 46 ans, est documentaliste dans l’enseignement secondaire. Originaire du Sud de la France, elle vit à Paris depuis deux ans. Elle anime des ateliers d’écriture, et écrit elle-même, depuis longtemps, des textes courts : S’occuper en t’attendant, son premier roman, est né de ces fragments épars.

Il sort le 20 novembre 2014, mais vous pourrez le découvrir, en avant-première, ainsi que son auteur, le mercredi 19 novembre à la prochain édition des Apéros littéraires érotiques de Cerise.

 

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Que ce soit dans un bar, à la laverie automatique ou sur Adopte un mec, les rencontres, c’est toujours une découverte de l’autre, insolite, originale et surprenante.

Une découverte coquine parfois, comme celle que nous propose Marion Favry, notre invitée de la soirée, en nous présentant en avant-première son roman « S’occuper en t’attendant » aux éditions La Musardine.

Livres à gagner, jeux d’écriture, bonne humeur s’entremêlent toujours pour vous faire passer du bon temps à l’apéro littéraire érotique !

Alors, prêt pour une belle rencontre mercredi 19 ?

RESERVATION OBLIGATOIRE EN LIGNE
(nombre de places limité)
http://www.moxity.com/events/apero-litteraire-erotique-rencontres

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ENTREE : 10 euros
Boissons non comprises

La réservation se fait en ligne.
Attention, le nombre de places est limité.

Consos à partir de 5€, Happy Hour toute la soirée
(cocktail à 5€/ coupe de champagne à 6,50€)

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CAFE DU CHÂTELET
8, rue Saint-Denis
métro Châtelet
sortie Saint-Denis

Mercredi 19 novembre
19:30 à 21:30

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CONTACT : Flore Cerise
flore@lesplaisirsdecerise.com
06.59.91.74.60

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Le déblog du Dr Quenu – Episode 2

0 PORTRAIT DOCTEUR QUENU 

LE DÉBLOG du Dr QUENU, psychiâtre sauvage
(N°2)

Buveurs(ses) très illustres, et vous, vérolé(e)s très précieux(ses), c’est à vous, non aux autres, que j’adresse ces fariboles, bols de farine, gaudrioles et tutto ciò che si vuole…

01 NELSON CHANTAL LADESOU (Dr Q. N°2)

L’Admirable Nelson

Amis visiteurs de sites (comme on dit « pilleurs d’épaves »), au cours de ma déjà longue carrière, j’ai pondu (sous couvert d’anonymat pour ne pas nuire à d’éventuelles activités médicales – qui, du reste, ne se sont jamais concrétisées) un nombre considérable de bouquins de cul. La main gauche est ma main d’écriture. Et aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, chaque fois que j’ai pris la plume pour raconter une histoire, ç’a été pour ouvrir une voie d’escalade en direction d’une femme nue. Sinon à quoi bon lever le stylo, faire dégorger la plume sur le vierge papier ? Ça m’a joué des tours, je ne le cache pas, cette femme dénudée fantasmée qui attire comme un nord magnétique. Dès l’école primaire, le sujet féminin nu et cru aimantait mes rédactions. Que le thème proposé soit l’été, l’automne, le printemps ou l’hiver, il y avait toujours une femme à poire quelque pal… une femme à poil quelque part dans mon devoir. Et jamais le maître n’a lu à haute voix une de mes rédacs à toute la classe. En revanche, je suis certain qu’il se branlait dessus : je trouvais tout le temps de drôles de taches dans mes marges. Ça valait tous les 20 sur 20… Plus tard, au lycée, j’ai eu bien du mal avec les parallèles Racine/Corneille, Rousseau/Voltaire, Péguy/Claudel… Le moyen de fourrer une femme à poil au milieu de ces raseurs ? Quand même, je me souviens d’un passage bandant dans Britannicus :

NÉRON

«Excité d’un désir curieux,
Cette nuit je l’ai vue arriver en ces lieux,
Triste, levant au ciel ses yeux mouillés de larmes,
Qui brillaient au travers des flambeaux et des armes,
Belle, sans ornement, dans le simple appareil
D’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil.
Que veux-tu ? Je ne sais si cette négligence,
Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence,
Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs,
Relevaient de ses yeux les timides douceurs,
Quoi qu’il en soit, ravi d’une si belle vue,
J’ai voulu lui parler, et ma voix s’est perdue :
Immobile, saisi d’un long étonnement,
Je l’ai laissée passer dans son appartement. »

Appréciez le « con » dans « D’une beauté qu’on vient d’arracher… ». Les grands poètes arrivent toujours à se faire comprendre – entre les lignes, entre les mots, de façon « inter-dite », comme a dit le César des psychiâtres, notre tsar à tous, Jaklah Khan (1901-1981).

Et puis, malgré les complexités de la langue racinienne, il me semblait comprendre que Néron, l’empereur voyeur, en pleine nuit, regardait passer Junie nue comme la main (elle allait aux toilettes ou quoi ?) entre deux haies de gardes armés d’épées et de flambeaux (on y voyait donc comme en plein jour), lesquels, à n’en pas douter, triquaient comme des ânes à son passage – à soulever le bas de l’armure en cuir épais clouté de bronze. Dans mon devoir sur Britannicus, en classe de 4e, j’avais mis le paquet à propos de cette tirade, et la prof de français, une petite débutante blonde gonflée de seins, avait refusé de noter ma copie, qu’elle ne m’a jamais rendue, du reste.

Au collège toujours, pour tâcher d’en apprendre davantage sur la femme nue, je scrutais les tableaux et les sculptures des musées et des livres d’art. Et je traçais des plans d’architecte pour dénombrer les tenants et les aboutissants, les tenons et les mortaises du corps féminin. Et par exemple, vaste question, combien la femme comporte-t-elle de trous en tout ? Quand on n’a pas de vraie femme sous la main, pas même de petite cousine, c’est coton comme question. J’ai commencé le dénombrement par le commencement, avec les moyens du bord : 2 oreilles, 2 orifices lacrymaux, 2 narines, 1 bouche, 2 canaux lactifères aboutissant aux mamelons (dictionnaire Larousse illustré), 1 méat urinaire (jamais observé de visu, mais ouï en cataracte à travers les portes, et aussi supposé par déduction : il faut bien que ça sorte par quelque part), 1 vagin (j’avais eu vent de son existence par le dernier de la classe, un triplant), 1 anus, 1 nombril (scientifiquement, c’était abusif de le baptiser orifice, mais dans le doute…), 1 col utérin (un cours pour aides-vétérinaires déniché dans un grenier m’avait renseigné). J’avais (incurable romantique, ça m’a passé depuis) rajouté la profondeur magnétique du regard féminin…

Ces préliminaires vont servir à mon interprétation sauvage de l’affiche du spectacle de Chantal Ladesou : Nelson.

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Ladesou… oui, il y a quelque chose là-dessous – mais pas anguille sous roche… au contraire même, comme on verra.

Pour commencer, on a une femme (Chantal) + un lapin (Nelson). Tous deux, immobiles, nous fixent en chœur, intensément. On dirait qu’ils nous prennent à témoin d’on ne sait quelle expérience ou démonstration : ils semblent inséparables comme les termes d’un théorème. Du bras gauche, la femme exhibe haut le lapin – son lapin – comme si elle nous présentait les armes. De sa main crispée en pleine fourrure, elle exerce une certaine violence, et apparemment, le petit Nelson n’en mène pas large. Et en effet, si l’on en juge par son sourcil ultra-arqué (l’autre, à dessein, se tient caché sous la frange) et par son visage ultra-fermé, la dame paraît fort contrariée. Elle est mécontente du lapin ? Bien sûr ! Pauvre et innocente bête, que lui a-t-il donc fait ! N’allons pas trop vite !

Interrogeons l’étrange regard figé, minéralisé même, de Chantal. À mon avis, son regard soutient celui que nous portons sur le lapin : sa chose, sa créature. Ce lapin, elle en est responsable (comme si elle était sa mère, et même davantage). Elle a pris un air stoïque comme pour prévenir un feu roulant de critiques. Mais pourquoi devrions-nous dénigrer le mignon rongeur aux yeux apeurés ?

Il est temps de faire un peu d’étymologie, ça va aider. Partons du con, puisque après en être sortis, on ne cesse d’y retourner. Le mot en question provient du cunnus latin (gaine, fourreau), qui par analogie, désigne le sexe féminin. Mais il semble qu’au temps d’Henri IV (le Vert-Galant) un court-circuit étymologique se soit produit entre cunnus et cunniculus (lequel avait donné connin, connil, c’est-à-dire l’ancien nom du lapin). Finalement, qui est Nelson (qu’on est bien obligé d’associer à Trafalgar, Berezina, Waterloo…) ? Il représente le sexe de la dame, pardi ! Ou paradis, si on veut, mais pas pour tout le monde, à commencer par sa propriétaire qui, visiblement, fait la gueule.

Et là, on est bien obligé de faire intervenir ce vieux grognon de Pr Freud et son artillerie lourde (ça jette toujours un froid, mais le moyen de faire autrement ?). Á en croire le professeur, la petite fille n’est pas satisfaite de son sexe tel qu’il est, elle aurait voulu qu’un pénis y poussât (houlà !) comme chez les garçons… y a pas de raison, y a pas de justice ! Dépitée, amère, la fillette (il n’y aurait pas d’exception) se dit très mécontente de sa mère qui l’a faite femme, et qui elle-même est sujette à la même démangeaison : la fameuse « envie du pénis ». Fermez le ban (d’école) !

Du coup, on comprend mieux la mauvaise humeur, la fureur froide de la dame qui serre Nelson à l’étrangler : « Eh oui, paraît-elle nous dire, je n’ai que ça en magasin… j’ai tiré le mauvais numéro : celui du 2e sexe. » Comme annoncé en introduction, il n’y avait pas d’anguille sous la roche. Ce qu’il y a, c’est un trou.

Et au fait, pourquoi ce nom, Nelson ? D’abord, ça commence par un « n » et ça finit aussi par un « n » : autrement dit, c’est le serpent qui se mord la queue, et finit par s’annuler. Ensuite, les psys assurent que la petite fille, déçue par son sexe, se tourne vers son père pour lui demander – en compensation de ce qu’elle considère comme un manque – de lui faire un bébé. Et sur le refus scandalisé de son père (qui n’est autre que le mari de sa mère), la gamine s’en va chercher de par le vaste monde un père pour son enfant à venir : un garçon de préférence (de là le son (fils) de Nelson). Elle n’a donc pas tout perdu finalement : elle œuvre, et toutes les autres du même sexe avec elle, à la propagation de l’espèce.

Oui, amis visiteurs, si nous sommes venus en ce monde (tous nés d’une femme), c’est grâce à ce « défaut » crucial des petites filles, contre lequel elles n’ont pas fini de pester parce que, quelle que soit la réussite de leur vie d’adulte, elles n’oublient pas le préjudice que, pensent-elles inconsciemment, on leur a infligé… et qu’elles portent encore, bien fendu, « préjuteux », dans leur string de soie noir bordé de dentelle. Ah, Chantal, quand j’y pense ! Du calme, Édouard !

Mais il y a encore autre chose de gratiné (la preuve ci-dessus), qui pourrait renverser tout ce qui vient d’être dit… Certes, la femme n’est pas pourvue d’un phallus (lequel, soit dit en passant, procure bien des tracas aux hommes : eux ont peur de le perdre, mais c’est un autre folklore)… Elle ne l’a pas, mais il reste une solution (en plus de celle de l’enfant) : c’est de le devenir, carrément. Oui, être le phallus, voilà le programme. Et la femme va se dresser sur ses hauts talons, fière de sa beauté, pour se mettre à irradier en pleine lumière. C’est son corps entier, orné – armé – de seins en proue, de fesses en poupe, d’une chevelure gonflée comme une voile, d’une immense paire d’yeux maquillés capables de méduser, de lèvres peintes entrouvertes sur des dents faites pour mordre… qui va incarner le phallus. Dans le miroir, elle a raison de se trouver irrésistible au point d’oublier on ne sait quel manque pénien.

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La preuve de ce que j’avance, c’est une histoire de stars : Marlene Dietrich disait de Greta Garbo (ou le contraire, mais ça revient au même) comme la pire des injures : « C’est un homme. » Autrement dit, une horreur. Un homme, c’est des grands pieds, du poil aux pattes, sur le poitrail, sur les fesses, avec un gros nez, plus des seins atrophiés, des attaches épaisses de bœuf de labour : une bête de somme, un esclave. Tout le contraire de « L’Ange bleu » ou de « La Divine ». CQFD, l’homme et son fameux pénis ont été jetés une fois pour toutes à bas de leur piédestal.

 

MARLENE 2 GRETA 2Encore un mot pour la route. On voit souvent des hommes d’âge mûr, plus trop beaux, mais qui ont réussi, exhiber aux yeux de tous une très belle jeune femme (en général, une blonde) dans une grosse voiture – décapotable de préférence, pour nous permettre d’admirer le trésor qui y trône (le plus souvent, la bimbo fait la moue, ce qui, entre nous, augure mal de l’amour). À quoi joue-t-il, notre vieux beau ? Il veut nous dire (preuve que ce n’était pas évident) : le phallus… moi, je l’ai, et d’ailleurs, le voici ! C’est la blonde explosive, toute droite dans son écrin d’acier profilé émaillé à froid : la voiture de sport lancée sur la 3e voie de l’autoroute.

Le dernier mot au poète (Léo Ferré) :

« La chevelure qui fait misaine
à la voiture américaine… »

 

Cheveux au vent CADILLAC ELDORADO

 

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La sélection de Noël des éditions La Musardine… Idées cadeaux !

Joyeux enfer – Photographies pornographiques 1850-1930, d’Alexandre Dupouy

028889-352x500Ce « beau livre » dans tous les sens du terme réunit plus de 300 clichés et un DVD de 60 minutes, qui vous feront découvrir l’histoire fascinante du porno de nos aïeux. Un porno joyeux, frondeur et dévergondé duquel émane un vent de liberté qui fait cruellement défaut dans le X contemporain… On y retrouve avec ravissement l’atmosphère de l’Apollonide de Bertrand Bonello et de la série Maison Close sur Canal +. A offrir à papy et mamy (en vous assurant au préalable qu’ils n’ont pas posé dedans !).
Plus d’infos/Acheter le livre

Calendrier pin-up 2015, de  Giovanna Casotto

calendrier_2015_provisoire_ CASOTTODes fêtes de fin d’année sans un calendrier sexy, c’est un peu comme un sapin de Noël sans guirlandes. Cette année, c’est à la mythique dessinatrice italienne Giovanna Casotto qui nous avons confié la réalisation des pin-up de notre calendrier de fin d’année. Il ravira les amateurs de BD érotique, qui la connaissent déjà bien pour ses quatre albums parus chez Dynamite. Les autres pourront découvrir son univers inimitable dans un calendrier aussi glamour qu’érotique.
Plus d’infos/acheter le livre

 Coffret Osez 40 histoires érotiques de Noël (collectif)

 Z00024_coffretNo‘l.inddCe coffret réunit les deux volumes spécial Noël parus dans Osez 20 histoires, la collection de nouvelles érotiques à thèmes de la Musardine. Soit 40 histoires érotiques qui détournent effrontément les codes de Noël pour vous conduire de réveillons aphrodisiaques en fantasmes enneigés. Un livre à ne mettre sous le sapin que quand les enfants seront couchés…

Coffret Osez les secrets d’une experte du sexe, de Servane Vergy

  028866-352x500Ce joli coffret cartonné réunit les trois best-sellers de Servane Vergy, notre « sexperte » : Osez les secrets d’une experte du sexe pour rendre un homme fou de plaisir, Osez les secrets d’une experte du sexe pour devenir l’amant parfait, et Osez devenir une femme multiorgasmique. Un cadeau que ces messieurs pourront offrir à leurs chères et tendres… ou qu’elles pourront s’offrir à elles-mêmes ?
Plus d’infos/acheter le livre

Les contes de Mémé Lubrique, d’Etienne Liebig

  028893-352x500Après Le parfum de la chatte en noir et Sexercices de style, ses deux coups de maître dans le domaine du pastiche littéraire « éroticomique », Etienne Liébig revient avec Les contes de mémé lubrique. Il se met cette fois dans la peau d’une grand-mère dévergondée pour nous donner sa version des classiques de contes pour enfant. Au programme : Aladdin et la crampe merveilleuse, Ali Baba et les quarante branleuses, Boucles d’or et poils au cul… et autres contes honteusement détournés.
Plus d’infos/acheter le livre

Les filles bien n’avalent pas, de Marie Minelli

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En manque d’idée cadeau à petit budget ? Les filles bien n’avalent pas est le cadeau idéal : pour 5,90€ seulement, vous y trouverez pas moins de 50 clichés sur la sexualité des filles démontés avec humour. Un cadeau à faire aux copines comme aux copains : tout le monde a des choses à y apprendre !
Plus d’infos/acheter le livre

Osez booster votre libido, de Michel Larue
Osez le sexe après 60 ans, de Roselyne Madelenat

 Osez booster libido P00325_couvToujours dans la catégorie « cadeaux à petit budget », les deux derniers nés de la collection Osez rivalisent de conseils sexo. Osez booster votre libido se pose comme un véritable programme de coaching sexuel, qui vous apprendra à booster votre tonus sexuel et vos vibrations désirantes. Quant à Osez le sexe après 60 ans, quel meilleur cadeau à faire à vos parents et grands-parents ? Oubliez les petites pilules bleues, il y a beaucoup mieux dans les guides Osez !
Plus d’infos sur Osez booster votre libido/Acheter le livre
Plus d’infos sur Osez l’amour après 60 ans/acheter le livre

Osez 20 histoires de sexe au sport d’hiver (collectif)

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Le tout dernier né de la collection Osez 20 histoires explore le thème des sports d’hiver. Des pistes enneigées aux chalets confortables en passant par la cabine des remontées mécaniques, le local du secouriste ou le resto d’altitude, ça batifole dans tous les coins ! Dans ce nouveau recueil, vous découvrirez votre station de ski préférée telle que vous ne l’aviez encore jamais vue. Couvrez-vous bien mais pas trop non plus: la température risque de vite monter…

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L’Etienne Liebig nouveau est arrivé

028893-352x500Après Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, Le Parfum de la chatte en noir, Sexercices de style et autres ouvrages hautement délurés, l’inénarrable Etienne Liébig revient avec un nouveau livre dans le registre du pastiche éroticomique qu’il aime tant: Les Contes de mémé lubrique, dans lequel il détourne perversement les contes de notre enfance. La couverture est signée Marc Poitvin.

Dans les cadres de ses fameux « apéros littéraires érotiques », une soirée de lancement était organisée par Les plaisirs de Cerise mercredi 28 octobre à Paris, dont voici quelques photos souvenirs, prises par notre ami Daniel Nguyen.

Des récits de la soirée sont également à découvrir sur les blogs de Julie Derussy, Clarissa Rivière, et sur le blog Extravagances. Merci à tous pour cette belle énergie autour du livre, auquel nous souhaitons longue vie ! Et gros poutous à toutes les mémés lubriques qui nous lisent.

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Joyeux Enfer: la bande-annonce vidéo !

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Le déblog du Dr Quenu – Episode 1

0 PORTRAIT DOCTEUR QUENU
LE DÉBLOG du Dr QUENU, psychiâtre sauvage
(N°1)

Buveurs(ses) très illustres, et vous, vérolé(e)s très précieux(ses), c’est à vous, non aux autres, que j’adresse ces fariboles, bols de farine, gaudrioles et tutto ciò che si vuole…

Vieux pilier (j’ai pas dit vermoulu) de La Musardine, j’ai eu envie d’apporter ma pierre à l’édifice. Ça tombe bien, psychiâtre autodidacte, j’ai des idées sur tout, à commencer par le Sexe. Ou plutôt, j’ai des idées sexuelles sur tout ce qui bouge, tout ce qui passe, palpite et tout et tout…

Stéphane m’a demandé de me présenter brièvement aux visiteurs du site.

Me voici :

Mon nom est Édouard Quenu. J’ai déjà ma rue à Paris, dans le Ve précisément (allez-y voir vous-même, si vous ne voulez pas me croire) – pour services rendus, je n’en dirai pas plus… chutt… je dirai même plus « Botus et mouche cousue », et même encore plus « Cactus et bouche moussue » (le Sexe, toujours le Sexe).

Au fait, qui suis-je, moi qui vous parle, à la fin des fins ? On a déjà posé la question à Dieu. L’Être suprême, avec ses deux accents circonflexes, a répondu : « Je suis celui qui suis. » Pas mal, Dieu ! Tu me la copieras, bâtard ! Personnellement, je dirai plutôt à mon sujet : « C’est moi que je suis. » Je n’ai pas peur de me mesurer à Dieu pour la bonne raison que je suis plus important que lui : en effet, moi, au moins, j’existe. Stop là-dessus.

Comment devient-on docteur Quenu, psychiâtre autoproclamé ?

Très jeune, trop jeune, j’ai lu un classique de la psychiâtrie : Psychopathia Sexualis d’un certain Krafft-Ebing, que mon père, brave infirmier psychiâtrique de banlieue, laissait traîner sur sa table de chevet au milieu d’une palanquée de « Série noire ». Je me souviens d’un cas en particulier, dans cette bible de la folie sexuelle humaine, qui m’a marqué à jamais. Celui d’un jeune garçon de mon âge qui avait rencontré une fille nubile ultracomplaisante. Le plus grand plaisir du garçon consistait à faire s’allonger la fille – sur le ventre, jambes écartées, sans culotte, jupes relevées. Il enfouissait son visage là, entre entrecuisse et entrefesse à l’air, et il y restait des heures, comme en prière, en tout cas en attente, sans bouger – bouche ouverte, narines béantes, yeux agrandis, oreilles dressées, langue sortie – à recevoir les flux, reflux, effluves divers et variés qu’émettaient, l’une après l’autre ou toutes ensemble, les ouvertures féminines. Il n’était jamais déçu, le jeune « malade mental » : en effet, il se passe toujours quelque chose à la fourche des femmes, surtout quand on est doué d’une patience d’ange, ce qui était le cas du jeune homme (et de la jeune fille aussi, soit dit en passant). Moi, ça me paraissait le comble du comble de la perversion et de la jouissance. Et la place que le jeune érotomane avait choisi d’occuper, ses cinq sens en alerte, c’était le jardin d’Eden, le vrai. Et dire, me répétais-je, que chaque femme qui passe dans la rue en comporte un, de coin de paradis comme celui-là – pour peu qu’elle veuille bien l’ouvrir !

Écrire autour du Sexe, pour moi, aujourd’hui, c’est replonger dans l’atmosphère – archimoite, ultraconfinée, hyperenivrante – de cette histoire restée gravée à jamais dans ma mémoire sensible. Le jeune « psychopathe », d’emblée, avait mis dans le mille. C’est l’exemple à suivre. C’est là que ça se passe, tout le monde le sait, et personne n’y va. Sauf quelques happy few… Il faut dire qu’il fait vachement chaud dans le cœur en fusion de l’équateur féminin ! Du calme, Édouard !

À la suite de cette lecture, de fil en aiguille, je suis devenu un Zorro du Sexe : je veux dire que j’ai embrassé le Sexe comme une cause. LA CAUSE. Je me suis fait le redresseur des torts qu’on fait au Sexe. Je l’ai dit, je sais tout, et surtout que le Sexe est partout. Or, quand je constate son absence quelque part, par exemple dans les commentaires des critiques sur un chef-d’œuvre de la peinture… hop ! aussi sec, je barbouille le tableau en question avec du Sexe. Je ne suis palefrenier… pas le premier à faire ça, ni le dernier, mais à partir du jour d’hui, j’ai décidé de frapper un grand coup. En commençant par la Vierge Marie : le principal thème de la peinture occidentale.

Mais avant toute chose, vous qui m’écoutez – du moins, je l’espère – posons un postulat en vue de dessiller les yeux les plus obscurantistes ; il a pour auteur Guillaume Apollinaire, grand connaisseur en matière d’art, grand ami des peintres les plus exigeants de son époque, et il s’énonce ainsi :

« CE QUE VOUS VOYEZ N’EST PAS CE QUE VOUS VOYEZ. »

O.K., ça n’éclaire pas forcément la lanterne, mais ça peut parfois soulager la vessie. Et vous allez voir comme ça tombe bien. En effet, mon propos d’aujourd’hui tourne autour de la question alambiquée suivante :

« Comment un petit déjeuner californien réduit à sa plus simple expression (jus d’agrumes variés, café serré sans sucre, parfum de rose à peine éclose), sobrement servi sur une table noire sur fond noir, peut, à l’insu du plein gré du peintre, se métamorphoser en belle fille nue, avec le détail de tous ses attraits – je dis bien TOUS – (de son appas le plus volumineux à sa plus discrète ouverture). »

Démonstration :

0 Nature morte avec citrons... ZURBARAN
Ce que vous avez sous les yeux est une œuvre du peintre espagnol Francisco de Zurbarán (1598-1664). Voilà ce qu’en dit la critique bien-pensante : « Comme pour la plupart des natures mortes de cette époque, la signification est religieuse. Ce tableau est une ode à la Vierge Marie : les citrons, les oranges et leurs fleurs, la rose sans épine, l’eau claire sont des symboles de sa pureté. »

Et voici ce qu’affirme haut et fort le docteur Quenu : oui, c’est bien le portrait – épuré – d’une vierge – mais attention, d’une vierge à poil ! Et je le prouve ! Vous voyez les nichons (euh, les citrons) à votre gauche. J’affirme que ce sont des seins féminins. Faut voir comme ils pointent ! Le fruit du sommet est pourvu d’une véritable tétine, la vache ! Et celui juste en dessous, dirigé vers le bas, pique bien, lui aussi, à remplir une bouche d’adulte. Quand même ! Et au centre du tableau, que trouve-t-on ? Le « panier » (en argot : le cul, et en espagnol aussi… la mano al cesto). Ladite corbeille déborde très haut d’oranges charnues, c’est dire qu’on a affaire à un fessier du genre plantureux (rien dans les Écritures n’affirme ni n’infirme – pour moi, c’est tout sauf une infirmité – que la mère de Dieu n’avait pas reçu de la Nature la grâce d’un beau c..). On remarquera qu’au beau milieu de l’amoncellement d’agrumes d’une chaude couleur de chair, rayonne un ardent soleil de plis : anus en gloire, ou je ne m’y connais pas. Or, je m’y connais en tout, je vous l’ai dit et répété. Vous m’objecterez qu’il y a quatre citrons au lieu de deux, et au moins cinq ou six oranges en place d’une paire… bien observé, cher Watson… mais les grands artistes, comme vous le savez, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît – vous connaissez la chanson.

Reste le troisième terme de la trinité, à droite, constitué de deux éléments posés séparément sur le petit plateau d’étain, et là, ça se corse. Jusqu’ici, vous m’avez suivi, je le sais, mais voilà que ça se complique ; il est vrai qu’on touche au cœur de la féminité la plus secrète de notre vierge. À gauche, cette rose tout juste éclose, ultrapudique, qui ne consent à présenter que son profil frissonnant… eh oui, c’est là que ça se passe pour elle… oui, et par là que ça passe – et repasse et ramone et pistonne… Et la tasse, alors ? C’est là que je vous attendais. On a passé en revue les mamelles durement entêtées, la généreuse croupe trouée en plein milieu, la vulve toute neuve délicatement entrouverte… Qu’est-ce qui reste dans la zone tropicale ? Hein ? Eh non, il n’y a pas trente-six solutions. Pour moi, la tasse remplie d’eau presque à ras bord, c’est (comme je vous l’annonçais au début) la vessie pleine de notre jeune fille émotionnée ; et l’anse cachée dans l’ombre, du côté droit du récipient, son presque indétectable méat urinaire. L’autre anse, déployée en pleine lumière, tout près du sommet de l’ouverture de la rose ? Je penche pour le clitoris – bien sorti, le bougre, hein ! Et last but not least, le rameau de feuilles et fleurs d’oranger qui surmonte tout l’obscène étalage que je viens de décrire ? Là, c’est facile. Les bouquins de psy sont tous d’accord pour traduire « végétation » par « pilosité ». CQFD, on finit par où on avait commencé : la présentation d’une jeune vierge complètement à poil, couchée sur la toile (107 cm par 60), en gros et en détail, par un peintre lubrique, âgé à l’époque de 35 ans.

Revenons à moi. J’habite Paris Ve, dans ma rue, pourquoi me gêner ? et donc, non loin des grands musées. Voici pourquoi. Il faut bien vivre, et un psychiâtre auto-autorisé comme moi (« Je ne m’autorise que de moi-même », comme dit l’Évangile), même s’il a toujours raison sur toute la ligne, n’a jamais de patients dans son cabinet. Même pas de plaque à l’entrée de son immeuble, sinon c’est la prison pour exercice inégal, illégal… je ne sais plus trop. Que pouvais-je faire pour arrondir une retraite réduite aux aguets, aux acquêts… je ne suis plus très sûr… En tout cas, j’ai trouvé une combine – alambiquée, certes – mais bon… Il se trouve que j’ai un copain (boulé comme moi en première année de médecine – il y a quarante de ça, ça ne nous rajeunit pas) qui a monté une agence de tourisme en province. Il fait visiter Paris à des pensionnaires de maisons de retraite. Pour être plus sûr de les aguicher, il leur mélange le classique et le coquin. La tour Eiffel et le Sacré-Cœur d’un côté, les Folies-Bergère et le musée du Louvre de l’autre (pour les femmes nues aussi, mais pas seulement). En effet, la visite guidée du Louvre, c’est ça mon job au noir. En évitant de parler trop fort, je déroule à mes retraités émoustillés le sens sexuel des chefs-d’œuvre (les plus innocents apparemment : ceux dénués de toute nudité). Le Zurbarán, bien sûr (il est à Los Angeles, mais avec une reproduction grandeur nature déroulée par terre, ça marche très bien aussi). Les Vermeer (un sacré pervers, celui-là – La Laitière, c’est à n’y pas croire – elle est à Amsterdam, mais on se débrouille comme j’ai dit). En tout cas, La Dentellière, elle y est, elle, au Louvre (aile Richelieu, 2e étage, salle 38). Et croyez-moi, c’est obscène à tomber par terre aussi… tout y est, de A jusqu’à Z, avec les points sur les i… pas racontable ! Je vous raconterai quand même dans une prochaine chronique (ta mère)… Reprenons : donc, j’y vais à mots couverts avec mes petits vieux. Vous verriez leurs yeux briller, et les femmes alors… elles me sucent la bite des yeux, ça me trouble. Pour finir, j’entraîne tout mon groupe d’auditeurs au musée d’Orsay, et je les abandonne devant L’Origine du monde de Courbet. Là, au moins, pas besoin de discuter : mes clients et clientes comprennent tout… J’attends de pied ferme celui qui osera venir m’affirmer que L’Origine n’est pas un tableau de femme à poil… que c’est, par exemple, une allégorie de l’ouverture aux autres. À autrui, pour mieux dire la chose… Y en a marre à la fin ! C’est vrai, quoi, merde ! Mais je m’emporte… j’arrête là pour aujourd’hui.

0 BON COURBET L'ORIGINE DU MONDELa prochaine fois, j’étudierai avec vous l’affiche de Chantal Ladesou à propos de son spectacle Nelson. Encore une obscénité sans nom. Vous doutez ? Attendez de voir ! Et si vous êtes sages, vous aurez droit, en sus, à un décryptage point par point du drapeau du Vatican. Un monument de pornographie à couper le souffle ! Ma parole, L’Origine, ce n’est encore que du vin de messe à côté… de l’eau bénite tiédasse. Qu’on se le dise…

0 DRAPEAU DU VATICAN

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Prochaine soirée à la Musardine le 4 novembre 2014 !

joyeux enfer_flyer

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